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fév 28

Histoire de la danse Rock

Publié le Dimanche, 28 février 2010 dans danses

Contribution à une histoire de la danse rock

(1894-2010)

Du “Cake-walk ” au ” west coast swing”

 l’ histoire d’une rencontre interculturelle : convergences et divergences.

(Jacky BORDET)

   De tout temps, dans toutes les cultures ou les sociétés , on a dansé et on danse encore. On danse pour appeller la pluie, préparer la guerre, on danse pour implorer les dieux, on danse pour se rencontrer, mais plus récemment on danse aussi pour se réjouir d’un heureux évènement, on danse aussi pour la santé , on danse pour éliminer les calories, on danse peut-être pour essayer d’oublier ou simplement exister….   S’interroger sur l’histoire de la danse de couple ne peut pas faire l’économie d’une interrogation sur les fondements psychosociologiques de la danse. Comme dirait peut-être le philosophe  michel ONFRAY (2005: Traité d’athéologie) :”je danse donc je suis!” ou,  suis-je vraîment parce que je danse (concept de “moi ludique” , jacky Bordet, ed.Université Paris VIII)? La danse a-t-elle essentiellement une fonction ontologique voire  thérapeutique comme l’affirment certains auteurs.

La problématique sera ici d’analyser le “glissement historique” de la danse swing à la danse  rock’n roll.

Rémi HESS, anthropologue de la danse à l’Université Paris VIII, dans sa remarquable  ”histoire de la valse” (ed Métaillié, 1989) constate : ” depuis les années 60, c’est l’âge du rock…” .
Le XXème siècle a vu émerger de nouvelles danses populaires : la valse, le tango et les “danses swing” qui enfanteront le rock’n roll. Si les deux premières sont d’abord des danses , le swing est d’abord un genre de musique avant d’être une danse , mais il prendra bien vite le nom de Lindy-hop.
Marquant son opposition à la danse “dominante” d’origine européenne (la “walz”), le rock’n roll prend ses racines dans le swing du jazz , le ” rhythm and blues” (RnB), la soul music (issus des chants religieux, du “negro spiritual” ou du gospel song (”Les noirs aux Etats-Unis”, Claude Fohlen, 1999, ed.Puf).Avant le rock’n roll , les “afroaméricain” noirs dansent le “cake-walk”, puis le “Jitterbug” ou le “Lindy-hop” (1928), le “Balboa” au moment de ce que des historiens nomment la Harlem Renaissance” (”Histoire et civilisation des Etats -Unis”par J.P.MARTIN, D.ROYOT ed.Nathan 2003).

   Comme dans la “volta” (danse qui précède la valse), les mouvements comportent beaucoup de pas sautés ou “kickés” (lancers de jambes ou coup de pieds) et des mouvements saccadés ou d’ondulation du corps, qui ne sont pas admis par l’éthique protestante dominante de l’époque ( “La religion aux Etats-Unis”, par I.Richet, 2001 ed. Puf) , qui vise surtout à “contenir” le corps dans des positions érigées comme “corsetées” selon l’historien Georges VIGARELLO (Le corps redréssé, 1978 ed.Bourgois et “Une histoire culturelle du sport”, techniques d’hier et d’aujourd’hui, 1988 ed.Laffont).  Dans le Lindy hop le corps est penché , les jambes pliées  tandis que dans le rock’n roll, le corps est redréssé, les jambes assez droites et les pas kickés sont souvent remplacés par des pas “chassés”(triple steps), convergences et divergences s’expriment ici partiellement. Convergences parce que de loin les deux formes de danses se ressemblent (passements de bras , alternance de fermeture-ouverture du couple danseur-danseuse). Divergences parce que certaines figures du rock’n roll  (ex : le tunnel ou le lasso) sont absentes du répertoire swing et certaines figures du répertoire swing sont absentes du répertoire rock (ex: le charleston kick, le tandem , ou le Lindy turn). 

    Les musiciens les plus connus du courant swing sont les “big bands” de Fats WALLER , Count BASIE (environs de 1920), puis viendront les orchestres “blancs” de Glenn MILLER (”In the mood”), et du clarinettiste polyvalent (on sait qu’il a joué avec Béla BARTOK : “contraste”) et virtuose Benny GOODMAN (Son morceau icone: Sing,sing,sing ,1928).

Une rencontre interculturelle? culture afro-américaine et culture européenne.

    Les blancs et “les noirs” semblent se rejoindre dans la musique et la danse swing et ce serait là, la rencontre entre deux cultures. Ce serait l’indice de la reconnaissance de l’ humain comme un “être” au-delà des apparences  et de la couleur de la peau), au-delà des “a-priori” pseudo- génétiques sur les éthnies, ou sur le spéculatif concept de “races” que les plus éminents biologistes (Axel Kahn, Michel Morange, jacques Testard) n’ont toujours pas trouvé!?

   Reprenons le fil plus spécifique de l’histoire du rock’n roll….
A l’origine ce n’est pas une danse mais un état d’esprit , une façon (qu’on les “teenagers”) de faire de la musique et penser la vie, en réaction au carcan culturel et à la société puritaine et guindée. Lorsque le banjo et le saxophone laissent leur place à la guitare , le rock’n roll et quelques uns de ses plus grands noms émergent…L’inventeur semble être Ike TURNER 1951(”Rocket 88″),
….puis viendront aussi: -Chuck BERRY né dans le sud des USA, (”carol”, “Roll over Beethoven”, sweet little sixteen),-Elvis PRESLEY, séducteur des dames, dont les mouvements de hanches laissent suggérer des moments prometteurs….Chanteur métisse, il est né dans le mississipi au coeur de la culture “afroaméricaine” du sud des USA. La firme de disque “Sun records” cherchait un blanc pauvre “qui chante comme les noirs”…Il mélange le “Hillbilly (country) et la musique “rythm’n blues”. Son morceau fétiche : “Hound dog” 1956.-Jerry Lee LEWIS (inventeur du rock boogie au piano) s’inspire de organistes des églises spirituals, il est né en …louisiane (toujours le coeur de la culture afroaméricaine du sud). -Bill HALEY (”rock around the clock”).-Ray CHARLES “the genius”, n’est pas chanteur de rock au sens strict lance en 1956: “I got a woman”, What d’I say. -Little RICHARD (” shake, rattle and roll”, Long tall sally, Tutti Frutti).

Quelle filiation entre le jazz et le rock’n roll?

    Au début la présence de la contrebasse symbolise la filiation (pour la pulsation : le beat (battement du rythme), puis la section rythmique “basse-batterie”. Ensuite l’improvisation,  l’énergie, une certaine liberté des mouvements corporels, en particulier de mouvements beaucoup moins retenus que dans la danse européenne importée par les pionniers de la conquête de l’ouest, en un mot la recherche de transe! Zora Neal HURSTON (première anthropologue “noir”) nous raconte l’histoire de cette rencontre interculturelle entre culture musicale européenne et afroaméricaine au USA.(”dust tracks on the road”, 1999: mémoire d’une petite fille d’esclaves);

    Aujourd’hui une tendance massive dans les pratiques de danse sociale rock semble émerger. Elle se nomme le “west coast swing” qu’on pourrait qualifier de “rock lent”. Ce genre de danse (qui mélange le huit temps et le six temps et ré-introduit des postures droites) semble déjà exister depuis des décénnies mais aujourd’hui la musique support est binaire alors que le swing est ternaire. Il s’agit d’une sorte rock’nroll (de swing selon d’autres auteurs), dansé sur des tempi  assez ou très lents (noire=120) issus du rythm and blues (Tina turner, etc…).

Le rock comme simplification du swing?Selon Frankie MANNING (conférence du 20 Mai 2008):

    le Lindy hop, sujet de défis compétitifs ou de démonstrations spéctaculaires (dont un exemple symbolique est le “big apple” par les whitey lindy hoppers dans le film de 1941…) au Savoy ball room, au cotton club et à l’apollo theater (avec “Shorty” Georges SNOWDEN), devenait trop compliqué techniquement (acrobaties, clap steps et slow motions) pour les danseurs ordinaires des années 50-55, ainsi par simplification serait né le “rock’n roll” en 6 temps. Il faut aussi s’intérroger sur les répercussions possibles que le glissement d’une musique de big band (ternaire) vers une musique binaire de trio (le rock à “Billy” ), aurait  pu avoir sur le redressement des postures et l’euphémisation des kicks ?(”this thing called the swing’ by Christian BACHELOR ,1997, London, published by the original Lindy hop collection, Alba Gardens).The rediscovery of Lindy hop (”Revival helped by technology, in the 1980-90th, much of the richness of swing dance has been rediscovered … “

A bientôt pour la suite de cette socio-histoire

du swing au rock….








jan 24

les danses swing

Publié le Dimanche, 24 janvier 2010 dans danses

Le LINDY HOP est une danse de couple qui est apparue vers la fin des années 1920 dans la communauté noire-américaine de Harlem (New York). Le lindy hop se dansait sur des morceaux de jazz ( swing) joué par les big bands de l’époque ( Duke Ellington, Benny Goodman, Count Basie ect….) cette danse fut popularisé par une troupe  professionnelle : les Whitey’s Lindy hoppers qui non seulement se sont produits à travers tous les Etats unis mais ont aussi tourné à Hollywood , dans de nombreux films  comme “hellzapoppin” (1941)par exemple . Les membres les plus connus de cette troupe  sont Frankie Manning, Al Minns et Leon James.

voici une vidéo de: lindy hop-hellzapoppin 1941 (avec Frankie Manning)

Le renouveau du lindy hop en 1980 est dû  à l’energie des Harlem Hot shots ( Suède), la New york Swing Society (USA) et les Jiving lindy hoppers (Angleterre). Frankie Manning y a aussi contribué en voyageant à travers le monde pour transmettre son savoir et son plaisir de danser .

Voici une vidéo des “harlem hot shots at frankie 95″

La danse est très riche et diversifiée, elle se danse sur  8 temps sur des tempos variés allant de 120 à 280, s’appuyant sur la phrase musicale, et l’écoute musicale. Des variations en 6 temps existent également.

Le lindy hop est l’ancêtre du rock’n roll, c’est aussi une danse sociale qui permet de rencontrer des gens et de s’amuser.

Voici ci-dessous la vidéo de ” ninjamerz perform at frankie 95″

LE BALBOA est apparu dans les années 1920 également ,mais sur la côte ouest des Etats Unis, près de SAN DIEGO sur la péninsule de balboa. Le balboa se danse en 8 temps sur des musiques swing , en position fermé (pur balboa) ou avec des variations en position ouverte ( balswing). Danse de contact ou d’ouverture avec une importante connexion, elle autorise des jeux de jambes particuliers adaptés aux tempos rapides. Maxie DORF , le plus célèbre des danseurs de balswing, contribua grandement à l’évolution du balboa en introduisant de nombreuses variations. Il est aisé de l’incorporer au lindy hop sur des morceaux aux tempos rapides. Moins populaire que le lindy hop,le balboa était tombé en desuétude jusqu’en 1990, date à laquelle les danseurs de swing se sont de nouveau interréssés à cette danse.

Voici ci-dessous la vidéo de “balboa-swing dancing in the short maharagha 1943″

 la vidéo de “the canadian balboa championships fast bal division 2007″

 Il existe plusieurs sortes de SHAG: le collegiate shag ( qui donna naissance aux autres formes de shag) l’Arthur Murray shag,le carolina shag et le saint louis shag.

LE SHAG ( collegiate shag) est  une danse de couple des années swing, de 1920 à 1940. Cette danse , née dans le sud des Etats unis, était devenue populaire auprès des étudiants. Un  célèbre danseur de cette époque, Arthur Murray, contribua à développer et codifier les pas , c’est un peu l’évolution du charleston en couple.

Les danseurs bougent peu le haut du corps, restent souvent en position fermée ou avec de brèves ouvertures, et font beaucoup de sautillement, kicks et jeux de jambes. Le shag se danse souvent en 6 temps mais il existe aussi des variations en 8.

Revenu sur la scène swing de Los angeles, le shag a fait un grand retour depuis 1990 et s’est répandu dans le monde entier comme son “cousin ” le balboa.


Voici une vidéo de shag par  ”the san francisco jitterburgs collegiate shag 1999( diga diga doo)”


Le JAZZ ROOTS ou jazz routine est la danse jazz afro-américaine solo des années swing(1920-1940). c’est le descendant direct du charleston solo, très populaire dans les années 1920.Contemporain du lindy hop et des claquettes, le jazz roots est le précurseur des danses de rues modernes telles que le funk et le hip hop.Cette danse sociale a pour spécificité son ancrage au sol,sa rythmique et sa relation intime avec la musique.Le jazz roots inclut les danses solo ou de groupe comme le shim sham, le big apple, le tranky doo et intègre un grand nombre de pas issus du charleston.

vidéo ci-dessous de jazz roots:” shim sham shimmy frankie manning”

Voici la vidéo ci-dessous de big apple par les “whitey’s lindy hoppers”

La danse BLUES fait partie de la famille des danses swing .Elle trouve son origine dans les rythmes et les mouvements africains.Très populaires aux USA, elle se pratique dans les soirées swing où elle permet aux danseurs d’aborder une façon plus sensuelle de se mouvoir, de ressentir le rythme du blues avec tout le corps,et de partager l’intensité émotionnelle de cette musique avec son ou sa partenaire. Bien que composée de mouvements de base, elle laisse libre cours à l’expression , à la créativité et à l’interprétation émotionnelle et musicale des danseurs.

Voici la vidéo ci-dessous de “blues dancing demo at cellspace”